Textes

Nioques 7/8

Un numéro double, donc, pour les 20 ans de la revue. Quelques textes qui pourraient se penser comme un bouquet d’« actes préparatoires ».
Sous le signe de ce qui fait pour nous communauté d’investigations, d’inquiétudes et de vigilance.
Christophe Tarkos disait : « Je respire ». Et nous voyons bien que l’ordre des choses et des mots, autour de nous, est irrespirable.
Raison évidente pour tenter de produire les formes, les dispositifs, les documents, les situations, nécessaires à notre survie en milieu hostile.


Francis Ponge
Pourquoi je suis communiste




Cyril Jarton
La défense du pont d'Avignon




Stéphanie Éligert
Les collaborateurs

"Presque toutes les citations mises en italique sont de ma main. Si je les maintiens en position d’extériorité (que je les cite et les répète comme une docile ventriloque), c’est parce qu’elles ne dépendent pas de mon regard, mais d’au moins trois autres entités qui ont plaqué, sur leur surface, l’autorité transparente de leur lecture : il s’agit d’extraits de réunions d’entreprises parisiennes dont pour gagner ma vie, je rédige les comptes-rendus, lesquels, avant d’être diffusés à l’intérieur du Groupe, doivent être validés par la société qui m’emploie, la Direction de ce groupe, les représentants du personnel et les organisations syndicales.

[Le PDG] informe avoir mis en place un dispositif d’accompagnement qui s’inscrit pleinement dans le cadre législatif du PSE. S’agissant du reclassement, toutes les démarches nécessaires ont été faites à l’intérieur du Groupe pour connaître les éventuels postes susceptibles de convenir aux collaborateurs concerné.


Est-ce à cause de la pression de ces triples lectures que cette phrase me semble si étrange – à moi, sujet qui l’a pourtant écrite ? Tout se passe comme si déterritorialisée dans Nioques, j’apercevais brutalement le processus littéral, sensible de mon aliénation rédactionnelle (aliénation redoublée par le fait qu’à la commande reçue, je voulais répondre par un texte sur la langue des tracts, mais le manque de temps libre m’a contrainte d’inscrire ce texte à la périphérie interne – récupérable ? – de mon temps ­hebdomadaire de travail)."


Alain Rivière
Que reste-t-il du beau poème que tu m'as lu derrière un meuble?




Noura Wedell
Épisode 3 : Réalité

"Je savais que la scène anale arrivait alors j’ai demandé à Jolie Dentelle d’Amour si elle voulait du K-Y ou quelque chose. « Non, non », elle pantela, « laisse-moi juste te sucer un peu plus. »

Le capital s’hérite du passé, et se crée de manière continue… C’est du travail accumulé, sous forme matérialisée, incorporée ou immanente. Lorsque des agents ou des groupes d’agents s’approprient du capital de manière privée, c’est-à-dire exclusive, ils peuvent alors s’approprier de l’énergie sociale sous la forme de travail réifié ou vivant. Dans des « champs », la position des acteurs (individuels ou institutionnels) est définie par la distribution du capital et les règles qui la gouvernent.
Elle est devenue frénétique en me suçant – sa langue et sa bouche étaient partout. Puis j’ai senti les muscles du fond de sa gorge s’ouvrir. Sa tête s’est baissée sur moi. J’ai soudain senti ma bite entrer dans sa gorge. J’y croyais pas, elle avait tout avalé ! Ma bite et mes couilles et la moitié de mes poils étaient engloutis dans cette gorge caverneuse, profonde.

La réalité s’était engagée dans un procès d’expansion négative.

Quelques solutions furent envisagées : prescription de Viagra en masse ; distribution de plans de stimulation économique pour que la population raffermisse par une consommation accrue son enthousiasme vital ; réductions d’impôts ou, au contraire, mise en place de tactiques Keynesiennes pour une plus grande implication étatique dans des stratégies realéconomiques.
Ce qu’ils nomment le réel ne correspond pas aux pratiques en usage, voilà le problème."


La rédaction
H.B/Humaine Bombe

"Bruno Pomart
J’ai connu Bruno grâce à Valérie lorsque je travaillais sur mon précédent livre, Valérie par Valérie. Bruno était devenu producteur d’émissions de téléréalité, et il participait à l’organisation du Raid Amazones avec Alexandre Debanne, compétition sportive exclusivement féminine qui se déroulait dans des décors censés être paradisiaques comme l’île Maurice, Mayotte, le Sri Lanka. Valérie me l’avait présenté, abusivement, comme celui qui avait abattu Human Bomb. S’il était bien un des hommes du RAID sur les lieux lors de la prise d’otages de la maternelle, il ne faisait pas du tout partie du binôme qui est entré dans la classe pendant le sommeil d’Erick Schmitt et l’a « neutralisé » de deux balles dans la tête, le samedi 15 mai, vers 7 h 30. Bruno, qui était artificier et tireur d’élite, suivait les mouvements de loin, depuis la salle de contrôle improvisée dans le bureau de la directrice, à une quinzaine de mètres de la classe des enfants retenus.


Bonjour Bruno,

Je me permets de vous recontacter après deux ans car je suis en train d’écrire un nouveau livre pour lequel vos paroles me seraient d’un précieux secours.
Lorsque je travaillais au livre de Valérie, celle-ci m’avait vivement conseillé de vous joindre non seulement parce que vous étiez son ami, mais aussi parce qu’elle était fascinée par votre travail passé au sein du RAID. Et le livre que je prépare actuellement est sur Erick Schmitt et sur la prise d’otage de la maternelle de Neuilly, événement pour lequel vous avez eu à intervenir en tant que policier d’élite.

Je tiens à vous préciser qu’il s’agit, pour une grande part, d’un livre en négatif. En effet, je ne souhaite pas reconstituer les faits, ni retrouver et réexposer des données perdues ou représentées, de manière inefficace. Je voudrais plutôt comprendre comment persiste l’image de cet homme et de cet événement aujourd’hui. Vous savez, pour avoir participé au travail avec Valérie, que ma manière d’écrire consiste à trouver les moyens de ne pas écrire comme un auteur (qu’il soit un écrivain au sens littéraire ou un scientifique attaché au protocole d’une discipline), mais à produire des conditions dans lesquelles du texte peut se mettre en forme, pour ainsi dire, de soi. C’est cela, pour moi, faire de la littérature, ou plutôt, de la poésie, non pas, donc, fabriquer de la fiction, mais faire émerger des logiques, des manières de concevoir, communes, actuelles et qui seraient liées à l’impact de cet événement. J’ai choisi de commencer à chercher la forme de ces logiques dans les paroles, dans le vocabulaire de ceux qui ont côtoyé Erick Schmitt de près ou de loin, parfois même de bien loin : le discours des dames de service de l’école présentes lors de la prise d’otage, celui de certains ex-petits otages que j’ai retrouvés grâce au web, celui de journalistes qui ont « couvert » l’événement, et aussi, si vous le voulez bien, le vôtre. À chaque fois, il est bien plus question de parler du présent que du passé : ce qui m’importe surtout, c’est la manière dont vous comprenez et utilisez certaines notions (comme le courage, le travail, la responsabilité), et certains événements que le monde actuel nous fait vivre.

Je vous serais donc extrêmement reconnaissant si vous acceptiez, pour m’aider dans la rédaction de ce nouveau texte, de m’accorder, dans les jours prochains, un entretien, direct ou téléphonique, à votre convenance.
D’autres part, certains ex-petits otages, maintenant jeunes gens d’une vingtaine d’années, seraient prêts à vous rencontrer autour d’un verre pour discuter de sujets divers. Seriez-vous partant ? Vos conditions seront les miennes.

Très cordiales salutations.
Christophe Hanna."


Jean-Marie Gleize
Tarnac

"Il est sept ans, l’âge normal.

Au fond de la pièce comme à fond de cale. Lové bras nus.
Tourné sous les rideaux, les tentures.

« Tu n’es pas dans le lieu, c’est lui qui est en toi ».

A fond dans les couloirs, c’est ça.

Les yeux fermés, écrasés, oui.

Tarnac, 1953, il est sept ans, l’âge normal, les yeux perdus,
tassé sous les tentures, les cordages, la détestation.

Il croit qu’il voudrait vomir.

Surtout l’histoire de la pluie, quelque chose encore sous les pierres, et le bruit de l’eau, quand il ferme les yeux il voit le bruit de l’eau, les mots du livre mélangés au bruit de l’eau, des gouttes et des gouttes, un son de prière ou de psaume, un son de poussière végétale.

La bruyère, oui, passée, rêche. Des bords creusés, des bords absolument noirs.

Je veux dire qu’il apprend à lire en fermant les yeux, oui.



Quelques mots, très peu. Penché sur un livre. Quelques mots d’abord au crayon puis relevés à l’encre, tous les jours, sur des cahiers d’écolier, Caravelle, Ouragan, Hermès, Corvette, Héraklès, gris, verts et bleus, spirales, du 28 septembre 1952 au 4 décembre 1958,

Le 16 avril 1964, il meurt."



Gilles Weinzaepflen
Extrait d'un travail en cours


"FAIRE UN GESTE

Je refuse qu’ils me bandent les yeux, je veux les regarder tous ensemble, chacun séparément. Ils ne savent pas ce qu’ils font, ils ne le savent absolument pas. Ils ont autre chose à penser au moment de le faire, de très petites actions à accomplir, comme ne pas bouger, attendre le signal, viser, tirer. Ils pressent sur la détente, tuant sans tuer, en tirant. Ils repartent avec la conscience d’avoir tiré légèrement en avance ou en retard, ayant tué sans le faire, car tuer est impossible, il y a toujours autre chose à faire au moment de le faire. Quelque chose vous distrait de l’infini de tuer, vous n’êtes pas responsable, distrait dans la gravité même de l’amour, je vise le cœur car c’est là qu’est la pompe, au signal je tire, j’appelle pas ça tuer, j’appelle ça viser, j’essaie de ne pas bouger, je retiens ma respiration, ne pas manquer la cible chers parents, j’attends votre petit paquet, ce sera une balle perdue si je bouge, n’oubliez pas le petit mot pour nénette, je tire, j’appelle pas ça tuer, j’appelle ça faire un geste."



Stéphane Bérard
 Mémoires d'espoir

"Attila, Charlemagne, Napoléon et moi-même investissons l’Histoire grâce à pas mal de littérature sur nos sujets préférentiels, menons les paysages vers des faillites ou gloires incandescentes, ou au salut tout court, claquant des mimines tel empire à travers des lucarnes qui suintent sur quelque cargo fuyant vers le Royaume-Uni.
C’est à travers chaque comité de quartier qu’on s’aménage un lectorat, y glissant un œil comme devant une meurtrière, repérant tel mouvement du mini-paysage à bouger si l’automne est venu, etc – car comme chacun sait, un livre surveille son lecteur et lui donne des ordres. Tout lecteur de mes ouvrages devient mon aide de camp, mon subalterne, mon petit mon – pardon.
Architecturalement, on prépare les immeubles aux prochaines pluies de bombes, on creuse d’agréables tunnels où résonneront les prix criés des maraîchers, le dimanche.
Sinon, j’use jusqu’à la corde de mon devoir de veto, pourrissant les réunions Onu et autre Conseils.
Prodiguant l’astringence de fruits sécurisants, s’écrasant mûrs comme les kakis en plein hiver, oranger comme nos paras sur Hô Chi Min, chancelant en des souliers trop grands trop abstraits – fussent-ils cloués – et recevant sur les doigts de pied, à telle ou telle époque, la capitulation de Reichs quelconques ou tongs de merisier courtes en drapés longs, tout un Japon."



Frédéric Danos
J'avais prévu de faire...

"J’avais prévu de faire quelque chose à partir de ce que Hunter S. Thompson a écrit sur Janis Joplin, mais au vu des événements, récents, autant privé que public, c’est-à-dire tout ce qui s’est passé ces dernières semaines, je préfère établir… essayer… non, établir, allons-y carrément, je préfère établir, poser, établir un rapport ; je préfère poser un rapport, un rapport à trois, une sorte de problématique du carrefour, quand la dyslexie remplace l’habitude et que toutes les voitures deviennent des monstres. Un rapport, bon voilà, poser un rapport à trois à partir de Lenz. Lenz qui… enfin bon, c’est…
C’est lenz qui descend la montagne, qui descend la montagne, c’est… quelqu’un descend la montagne, quelqu’un s’inquiète et va vers en descendant la montagne, il reconnaît, l’alternance des rouges sur les bruns et les gris des troncs d’hiver, la puissante vapeur mauve diaphane qui tout embrasse, comment dans un carré donné les feuilles en pourriture parlent entre elles et arrangent leur place, échangent leur place, le trait net du fond des vallons, des failles des torrents petits gorgés d’eau gorgée de terre, l’entrelacs des branches mortes que la vue déposent toujours plus près qu’elles ne sont, par portion, il descend maintenant, c’est lenz qui descend la montagne, c’est un lenz qui descend une montagne, toujours les fragments de brume accrochés aux rochers émergeant de l’herbe, comment le blanc sale révèle les gris dans le vert épais des brins par milliers trempés, les fragments accrochés aux buissons, amis aussi ici "


Alexandra Bouge
Photographies




Émile Pouget
L'action directe





Lucie Sokouri Gnaoré
Incroyablement giclant

"les Filles en attendant de travailler s'amusent elles font un Mapouka serré entre elles et puis le client se sent pris par cette fièvre les couleurs rouge et noir les fesses qui vibrent c'est fou la troisième bouteille qui commence à rougir les joues et puis ce rythme je me souviens de ça ah l'afrique et il se baisse et il se met à se tortiller (c'est une danse pour filles mais ça il le sait pas et puis on est là pour s'amuser non les filles) il se lève de sa chaise s'avance sur l'estrade à peine surélevée puis retombe sur la chaise et les filles n'arrêtent pas elles sont gênées par ce vieux blanc mais c'est le travail elles se moquent de lui et de sa petite danse pathétique elles l'entourent et de sa chaise il est au niveau des Culs qui bougent qui palpitent une des Filles ouvre ses dents en un grand sourire entre copines elles se montrent ce qu'elles peuvent faire on va Mapouker on va Mapouker c'est ça que les grands-mères et les enfants chantent à la maison je me suis entraînée avec la nièce de thomas chez la grande soeur pas de bureau pas de crayons pas de papier la télé la musique les sofas en cuir nous deux devant le miroir moi j'aime pas trop l'école je sais rien faire dit la maîtresse mais si tu sais t'as dit à la maîtresse comme tu danses bien?"


Ariana Reines
Sauve le monde

"I cover my eyes in the violent scenes
I’m so sick of violent scenes
Big big big big big
Sex scene

Do it to me
Do it to me
Uh uh uh
Pornography

I don’t want to watch
Sometimes I watch
When I do watch
I hate myself for watching"
---------
Je me cache les yeux pendant les scènes violentes
J’en ai tellement marre des scènes violentes
Énorme énorme énorme énorme énorme
Scène de cul

Vas-y
Vas-y
Uh uh uh


Pornographie

Je ne veux pas regarder
Je regarde parfois
Lorsque je regarde
Je me déteste



Nathalie Quintane
 Est-ce que je peux placer une contradiction secondaire?

"Je venais superlativement des patates. Des générations d’ouvriers-agricoles me précédaient, qui avaient dû passer une partie de leur vie à les planter, les patates. Au tournant xixe-xxe, ils étaient passés à l’usine, toujours en cultivant leurs patates parallèlement, pour pouvoir bouffer ; mais ça n’avait pas duré longtemps, les usines avaient fermé, les jeunes étaient devenus employés dans des banlieues, rêvant aux patates, au moment où ils pourraient enfin reprendre leur culture. Toute mon enfance, et toute ma jeunesse, j’avais habité Pierrefitte, qu’on appelait Pomme de terre-frites ; alors j’en connaissais un bout, sur les patates. Logiquement, ce qui me touchait le plus, chez Artaud, c’était quand les autres, ceux qui s’organisent, étaient venus le visiter, à l’asile, en pleine guerre, et qu’il leur avait hurlé pour toute réponse qu’il voulait des patates. Des patates. Car il crevait de faim. Mais quand on a vécu si longtemps parmi les patates, patate soi-même, et qu’on s’est toujours sentie comme un sac, un jour évidemment on quitte Pomme de terre-frites. On écrit des livres. On écrit ce livre, qui est un anti-patate. Pourquoi pas plutôt un livre-patate, un style-patate, me suggère-t-on. Vous pensez peut-être qu’un livre-patate, ça serait plus naturel, chez moi ? Le prochain qui me sort ça, je crois que je lui en colle une."



Margret Kreidl
Grinshorn et Wespenmaler

"34 drames patriotiques

Wespenmaler entre, en survêtement, avec un sac de sport.  
Il s’incline.
Wespenmaler : Wespenmaler.
Il s’assoit sur un banc et sort un jambon-beurre du sac.  
Wespenmaler mange.  
Grinshorn entre, en treillis.  
Il salut.  
Grinshorn : Grinshorn.
Il sort un pistolet à eau et crie.  
Grinshorn : Soldat, debout !
Wespenmaler bondit, avec le petit pain dans la main.  
Grinshorn : Lard ou cochon ?
Wespenmaler lève les mains.  
Wespenmaler : Je suis un fils d’ouvrier !
Grinshorn lui crache au visage.

Wespenmaler entre, en culotte de peau, une sachertorte dans les mains.  
Grinshorn entre, en costume styrien.  
Wespenmaler s’incline.
Wespenmaler : Wespenmaler.
Grinshorn s’incline.  
Grinshorn : Grinshorn.
Wespenmaler : Mon ami est autrichien.
Grinshorn : Un chant !
Wespenmaler jodle.
Grinshorn : Nigérien fumiste.
Wespenmaler jodle."


Anne Caillabet
Trop c'est trop - Strelitzias

"Mon chien voulut voir la mer. C’était lumière d’août sous la verrière, et des papas du dimanche soir descendaient des trains de Bretagne, pour aller, le lendemain, se mettre en boîte. On en voyait partout grandeur nature, jusqu’aux cimaises des publicités. Là, des mamans nourrissaient leurs enfants de yaourts aux cerises. Mon chien alla acheter des jambons-beurre. L’emploi précaire s’appelait Tela Ortega, avait 33 ans, une peau de lait, des cheveux de miel, et, sous le comptoir, un dogue du Zaïre, très bleu par les yeux. Le cœur de mon chien fit un hoquet ; il avait aux oreilles un essaim de locomotives et des fourmis dans les jambes. Il demanda un jambon-cerise. Des anges descendirent de la verrière, dans un froufrou d’ailes, suspendirent leur sourire aux babines du dogue. Tela fredonna Quand nous chanterons Danone aux cerises.

On annonça. On démâtait la mer sous les bateaux, pour une durée indéterminée. Les anges s’envolèrent avec les oies sauvages et les fourmis cherchèrent un caféier neuf. On abandonna la gare au bord de la route, que des précaires traçaient au blanc de lombric. Quant aux hirondelles, elles nichèrent sous un crâne d’architecte."


Élodie Petit
Carnet noir




Franck Leibovici
Sheol

"on y descend grâce à une nacelle actionnée par un treuil électrique.

« je sentais de l’air frais du placard d’une maison, j’ai demandé d’où ça venait, on m’a répondu.
en ouvrant le placard,
une cheminée à bord franc plongeait profondément sous terre ».


certains sont équipés d’interphones pour communiquer avec la surface. pour éviter les appareils de détection, les plus profonds vont jusqu’à 30 mètres sous terre. leur largeur, en revanche, ne dépasse pas « celle d’un homme à quatre pattes ». quant à la hauteur, ceux « de luxe », étayés par une armature en bois, atteignent la taille d’un homme (1,70 m environ).

des cigarettes, du lait, des vêtements, des pièces détachées de voitures, de la drogue également, ainsi qu’accessoirement quelques prostituées russes
(n’hésitant pas à raser les quartiers supposés les cacher)
(ensevelis sous le sable, )
des pièces détachées de roquettes iraniennes ou chinoises, des missiles antiaériens, en passant par des tonnes de tnt et autres explosifs, indispensables à la détonation des missiles."



U.H.M
05 novembre 2009 à 13:53

"Bien… Les lois IPRED, HADOPI et le projet LOPPSI, après la loi DADVSI, la Directive Européenne sur le droit d’auteur et la législation américaine du DMCA, n’étaient que des prémices. Ce projet de traité, qui entérine en réalité la confiscation finale du droit d’auteur par les éditeurs et industries culturelles, constitue le vaisseau amiral.

Il a pour but de verrouiller les grands monopoles capitalistiques au détriment de la propagation de la culture, en oubliant que la propagation de la culture est la condition de base pour toute forme de création intellectuelle. Il a pour but d’étendre le biocontrôle à internet, de mettre fin à la neutralité technologique du réseau. Il a pour but de quadriller le monde virtuel pour y prolonger la domination des oligarques qui président déjà, dans le monde tangible, à la production du sens et des contenus.

Souches génétiques, obtentions végétales, créations artistiques, développements logiciels, inventions scientifiques, ressources agroalimentaires, tout doit aujourd’hui être soumis à leurs brevets et leurs catalogues. La recherche scientifique doit être mise au pas : on abandonne la recherche fondamentale pour donner la prime aux travaux sectoriels, plus rentables. Idem dans l’industrie pharmaceutique, où la priorité est donnée aux travaux rentables, tant pis pour les malades. "


Guilio Marzaioli
Sud

"Si prepara un’evasione inversa. D’altra parte la via d’uscita. Corsa via. Occorre procurare una ferita, spezzatura nel suo interno, nella carne. Fatta vittima la carne – il coltello ; scivola nella saliva. Inumidisce il taglio.

La ferita, da cui le interferenze. E’ il ritorno nel moto sussultorio. Ad uno, un volto solo e le sue varianti. Alcuni nel ricordo, addirittura. Sdraiati sull’orlo del nome. E’ l’immagine di sé, riflessa dentro. Riprodotta che sfiorandosi sfiora.

Guardando si potrebbe fare pari, se non fosse che la palpebra si stringe, stinge di nuovo il corpo e non lascia – tra linee parallele – alcuna forma.

Sconosciuta la combinazione. Le ciglia serrate e. La colpa ?"
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Une évasion inverse se prépare. De l’autre côté l’issue. Courue ailleurs. Il faut en tirer une blessure, brisure de son intérieur, dans la chair. Rendue victime la chair – le couteau ; glisse dans la salive. Humidifie la coupe.

La blessure, d’où les interférences. C’est le retour du mouvement sussultoire. Pour chacun, un seul visage et ses variantes. Certains dans le souvenir, même. Couchés au bord du nom. C’est l’image de soi, reflétée dedans. Reproduite qui en s’effleurant effleure.

En regardant on pourrait faire à l’égal, si ce n’est que la paupière se serre, déteint le corps à nouveau et ne laisse – parmi les lignes parallèles – aucune forme.

Inconnue, la combinaison. Les cils serrés et. La faute ?